Portrait : Guillaume Gardon-Mollard, omnispécialiste « Omnipraticien « forever »! Car j’aime la variété de l’exercice d’omnipratique »

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Êtes-vous omnipraticien.ne ou spécialiste ? Si oui, laquelle ?

Omnipraticien « forever »! Car j’aime la variété de l’exercice d’omnipratique. J’ai malgré tout des orientations plus spécifiques en fonction des cas qui me sont adressés en parodontologie, en prothèses/occlusion, esthétique et la prise en charge de cas multi-disciplinaires que l’on peut qualifier de « complexes ».

 

Parlez-nous de votre parcours professionnel et de vos expériences passées, que vous ont-elles appris ?

Je suis sorti diplômé de la fac dentaire de Clermont-Ferrand en 2003. Lors de ma formation initiale, j’ai eu deux opportunités importantes : la première à été de pouvoir m’intéresser à la recherche sur la douleur oro-faciale dans le l’antenne INSERM au sein de la faculté. C’est là que j’ai découvert le monde fascinant des neurosciences. Ensuite, j’ai eu la chance de suivre un programme Erasmus en 6ème année qui m’a permis d’étudier à l’Université de Dundee en Ecosse. Là-bas, j’ai pu profiter de conditions d’étude idéales, d’infrastructures extraordinaires et d’un encadrement pédagogique de très haut niveau. J’en ai profité pour suivre les cours, soigner des patients au centre de soins et monter un protocole de recherche en neurosciences/physiologie oro-faciale appliquées aux troubles de l’occlusion avec le Pr Sam Cadden et cela a débouché sur ma thèse de doctorat.
Je m’intéressais donc beaucoup à l’occlusodontie et aux douleurs oro-faciales mais lorsque j’ai commencé mes premiers remplacements et premières collaborations, j’ai ressenti le besoin de continuer à me former. J’ai décidé de m’inscrire aux CES de prothèses à Paris 7 (successivement en prothèses fixée, amovible partielle et amovible complète) où j’ai pu approfondir mes connaissances et encadrer les étudiants en TP et au centre de soins.
J’ai ensuite intégré le cabinet du Dr Thierry Degorce à Tours en 2006. Son niveau d’exigence et d’excellence clinique ainsi que la complémentarité de nos compétences m’ont permis de travailler (et d’apprendre) énormément à ses cotés pendant 12 ans.
En 2013, j’ai commencé à suivre l’enseignement du Dr John Kois, à Seattle. Cela m’a appris une méthodologie de travail qui a changé ma pratique pour toujours en y intégrant l’analyse des facteurs de risque pour la construction des plans de traitement multi-disciplinaires et la pérennité des traitements.

 

Comment sont structurés votre cabinet et votre équipe (nombre d’assistant.e.s et leurs rôles, fauteuils, agencement, lieu de travail etc.)

J’exerce dans un cabinet individuel libéral où je suis le seul praticien. Je suis entouré d’une assistante clinique et d’une assistante administrative. Nous disposons de deux fauteuils et nous avons la chance de travailler dans un environnement spacieux, joliment décoré, calme et serein, en plein coeur de ville.

 

Comment est organisée votre semaine ? Combien de jours travaillez-vous ? Selon quel schéma ?

Je travaille au fauteuil 4 jours par semaines. Les journées commencent à 9h et se termine autour de 21h avec 1h de pause déjeuner. Nous privilégions les rendez-vous longs (car les plans de traitement sont soigneusement planifiés en amont) et nous voyons donc peu de patients chaque jour. Au delà de 12 patients, je trouve que la journée devient difficile!
Le jour de la semaine où je ne soigne pas de patients n’est pas chômé : il arrive que nous ayons besoin d’ouvrir une demi-journée (voire une journée) supplémentaire et je bénéficie de cette journée « tampon » pour adapter le planning à mes besoins. Lorsque le cabinet est véritablement fermé, je suis sur place est je me consacre aux plans de traitement, à la mise à jour de mes dossiers, aux courriers, aux démarches administratives, à passer les coups de fils etc.

 

Comment faites-vous pour équilibrer vie professionnelle et vie personnelle ?

C’est une question importante car quand on est passionné par son métier, il est très facile de se laisser envahir à tous les niveaux. Je travaille beaucoup mais je n’ai pas de bureau à la maison. Tout se passe au cabinet. Ensuite, il faut avoir d’autres centres d’intérêt et avoir l’envie de s’y consacrer une fois à la maison. Pour moi : c’est la musique et la culture sous toute ses formes ainsi que les voyages et les moments de partage avec la famille.

 

Quels sont vos conseils et astuces pour communiquer efficacement avec vos patients ?

J’ai compris l’importance de la communication très tôt pendant les études lorsque j’ai lu (et relu et encore relu) les livres du Pr Daniel Rozencweig. Je me suis tellement imprégné de ces notions qu’elles font partie de mon mode d’exercice au même titre que la manière dont je réalise les gestes et les soins en bouche. Tout est communication : la manière dont on répond au téléphone, la manière avec laquelle le patient est accueilli au cabinet, la manière dont vous lui serrez la main, comment vous vous tenez, comment vous le regardez… beaucoup plus que les mots qui sortent de notre bouche. La communication numérique a pris une place importante aujourd’hui et le site internet d’un cabinet est souvent la première porte d’entrée vers nos cabinets. Il est important d’en soigner la forme. Mais je dirai que le plus important dans la communication « c’est d’entendre ce qui n’a pas été dit ». D’où l’importance de l’écoute, dans un état d’esprit emphatique et humaniste.

 

Comment gérez-vous les situations délicates (stress des patients, douleurs, mécontentements) ?

Toutes les situations délicates peuvent être désamorcées grâce à une bonne communication. Il faut anticiper (prévenir), expliquer (dans des termes simples et en prenant le temps de le faire) et demander du feed-back à son interlocuteur (lui permettre de s’exprimer ou de poser des questions). Il faut toujours chercher à transformer une situation difficile en une occasion de donner une bonne image de soi, de son équipe, de son travail. Ne jamais s’énerver, ne pas prendre les choses trop personnellement et ne jamais rompre le dialogue, quoi qu’il arrive.

 

Le cas clinique dont vous êtes le plus fier ? (Exposez votre cas avec précision)

Les cas qui m’inspirent le plus de fierté sont souvent des cas où le challenge technique est grand mais également ceux pour lesquels il faut gagner la confiance du patient avant et pendant le traitement. Une fois le traitement terminé, c’est évidemment satisfaisant d’avoir réalisé un beau traitement mais également d’entendre le patient exprimer sa gratitude et nous recommander auprès de ses proches.

 

Qu’est-ce qui vous rend heureux au cabinet ? Qu’aimez-vous dans votre métier ?

Le fait d’avoir construit un cabinet à mon image, dans lequel je me sens bien, avec une équipe en qui j’ai confiance, avec une méthodologie et des protocoles réfléchis et fiables, d’être attaché à des valeurs fortes pour moi et pour les patients.
J’ai toujours voulu faire médecine pour ne pas avoir à consacrer ma vie à une logique commerciale, celle de vendre tel ou tel produit. Gagner sa vie en aidant et en soignant des gens est, je pense, beaucoup plus enrichissant sur le plan intellectuel. D’autant que la dentisterie est un domaine majeur, au sein des sciences médicales, pour l’amélioration du bien être et de la qualité de vie des patients.

 

Quelle est ou quelles sont les musiques qui vous boostent ?

La musique est un élément qui occupe une place centrale dans ma vie. J’ai la chance de savoir jouer de plusieurs instruments et j’en écoute énormément. C’est presque obsessionnel : je suis un boulimique de musique. Au cabinet : c’est exclusivement de la musique classique. C’est relaxant, ça m’aide à me concentrer et il a même été prouvé que ça aide à mieux opérer! Le reste du temps : tout y passe : rock, pop, rap, jazz, blues, reggae, musique latine, métal, électro… Tout.

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et tous jeunes praticiens ?

En 2013, j’ai eu envie de créer un blog dentaire, que j’ai nommé The Dentalist – French Doctor, à destination de mes confrères mais aussi et surtout des étudiants. Mon idée était de proposer du contenu tiré de mon expérience et des mes réflexions personnelles, de la même manière que j’aurais aimé le trouver sur le web lorsque j’étais moi même étudiant. Ce projet me permet, de manière très libre et très créative, de partager des idées, de continuer à me tenir informé et de rester curieux. Je ne peux qu’inviter les étudiants et les jeunes confrères à venir le visiter : www.thedentalist.fr (ndlr : Nous vous recommandons vivement, pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ce blog d’y faire une visite 😃)

 

Quels sont vos projets aujourd’hui ? Votre objectif pour l’avenir ?

Le développement du blog m’a amené à develloper et approfondir les contenus pour les dispenser sous forme de conférences à la demande de sociétés scientifiques ou de formations que j’organise. Ces cours et ces conférences m’occupent beaucoup mais sont très stimulantes.
Je travaille également avec l’Information Dentaire et en particulier sur la coordination pour IDweblogs : une interface web qui propose des contenus variés et gratuits (cas cliniques, focus théoriques, revues de littératures, interviews, vidéos, formations ) dans toutes les disciplines de l’odontologie et pour les professionnels du monde dentaire : www.idweblogs.com

 

Que vous a apporté LearnyLib ?

LearnyLib est un nouveau venu sur le web dentaire francophone mais qui s’est tout suite fait remarquer par la qualité de ses productions. Bien que l’ e-learning ne se soit pas encore complètement développé en France, c’est une formule d’apprentissage très prometteuse pour l’avenir. Les premières formations qui ont été mises en ligne sont remarquablement bien faites et très efficaces. Cela laisse présager d’un très bel avenir. Longue vie à LearnyLib!

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